Commentaire de l’Evangile du dimanche 15 mars

L’Evangile de ce quatrième dimanche de Carême nous amène à méditer le mystère de la Croix, véritable lumière qui resplendit dans le monde. Il est dit : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle » (Jn 3,14-15).

Nous avons là un exemple saisissant de la continuité de l’œuvre du Salut, depuis Abraham jusqu’à nos jours. Dans le désert, après la sortie d’Egypte, Israël se rebelle contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avez-vous fait monter d’Egypte pour mourir en ce désert ? Car il n’y a ni pain ni eau ; nous sommes excédés de cette nourriture de famine » (Nb 21,5). Dieu envoie alors des serpents dont la morsure fait périr beaucoup de monde. Pour guérir, ceux qui sont mordus doivent lever les yeux vers le serpent d’airain façonné par Moïse. Le peuple a péché car il a perdu sa confiance en Dieu, et pour guérir de son péché, il doit lever les yeux, c’est à dire reconnaître qu’il a besoin de la Miséricorde de Dieu. Ce qui était vrai pour Israël dans le désert est vrai, aujourd’hui, pour tout homme appelé à élever son regard vers le Christ en Croix. La première grâce à demander est celle de se reconnaître pécheur, en attente du Salut. Il est parfois difficile pour quelqu’un de reconnaître qu’il n’est pas parfait, qu’il a commis des erreurs. Parfois, on entend dire : « Moi, je ne fais rien de mal ». Mais peut-être pourrions-nous nous poser la question suivante : « Quel est le bien que je ne fais pas ? ». A cette question, il est souvent plus facile de répondre. Cela renvoie à ce que l’on appelle le péché par omission.

Elever notre regard vers la Croix, cela revient à poser un acte de foi. Jésus dit : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que tout homme qui croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3,16). Croire en Jésus, c’est accepter que sa lumière entre dans notre vie. Là encore, ce n’est pas toujours facile. Jésus explique pourquoi : « Tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière » (Jn 3,20). Aller vers Jésus engage tout notre être et nous conduit à accepter de remettre en question nos actions, nos paroles pour les placer sous sa lumière. Nous touchons là le sens profond du Carême : laisser Jésus éclairer nos obscurités afin de nous convertir. L’erreur de l’homme est quelque fois de croire que ses obscurités font partie de lui, parfois même qu’elles contribuent à son équilibre. Le seul moyen de prendre conscience de cette erreur, c’est de faire l’expérience de renoncer à ce qui nous éloigne de Dieu. Bien sûr, cela ne peut se faire qu’avec la Grâce de Dieu. Car sans elle, rien n’est possible. Ainsi, nous pourrons comprendre personnellement cette parole de Jésus : « Je suis venu pour que vous ayez la vie, et la vie en abondance » (Jn 10,10). Se convertir est source de joie et de paix. La conversion est une libération de nos mauvaises habitudes qui nous tiennent prisonniers et tristes.

En ce jour, nous pouvons présenter à Dieu dans notre prière tous ceux qui n’ont pas reconnu cette lumière de Jésus, en particulier nos proches, nos familles. Sans oublier que notre prière portera d’autant plus de fruit que nous accueillerons nous-mêmes pleinement cette lumière.

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