Année sainte de la Miséricorde (Chapitre I)

Le Pape François nous appelle à célébrer  « l’année sainte de la Miséricorde ». Cette année jubilaire de la Miséricorde n’exclut personne. Le salut des individus est la loi suprême de l’Eglise.

La miséricorde de Dieu est l’attribut divin qui occupe la première place dans la révélation. Elle laisse deviner un Dieu qui se penche avec bienveillance sur les hommes et le monde. Elle manifeste sa bonté et son amour. Elle est la manière propre à Dieu d’exercer la Justice.

En contemplant nos limites, nous comprenons la patience de Dieu qui ne se lasse pas de croire en nous. Il n’est pas question d’un Dieu vengeur qui aurait besoin d’une victoire pour assouvir sa colère. Bien au contraire en consentant à la mort de son Fils Dieu donne toute la place à la miséricorde et à la vie. En prenant notre place en son fils, il prend sur lui les effets du péché qui détruisent la vie pour nous ré-enfanter.

Mais l’accueil de sa miséricorde réclame de nous l’aveu de nos fautes. Le péché est une offense à l’égard de Dieu, un manquement à l’Amour véritable envers Dieu et envers le prochain. Il porte atteinte à la Solidarité humaine.

La miséricorde tient compte du sens solidaire des individus qui est en même temps la conscience d’habiter une maison commune que Dieu nous a prêtée.
Ensemble nous pouvons dire cette prière composée par le Pape François :
« Dieu d’Amour , montre-nous notre place dans ce monde
comme instrument de ton affection pour tous les êtres de cette terre
parce qu’aucun n’est oublié de Toi« .

Dieu ne se fatigue jamais de pardonner. C’est nous qui nous fatiguons de demander sa miséricorde.

La miséricorde est la plus grande de toutes les vertus, il lui appartient de donner aux autres et qui plus est de soulager leur indigence : ce qui est éminemment le fait d’un être supérieur. Ainsi se montrer miséricordieux est-il regardé comme le propre de Dieu et c’est par là surtout que se manifeste sa toute puissance. Or Dieu donne la preuve de sa puissance lorsqu’il patiente et prend pitié. Il s’agit alors de la « Toute Puissance de Son Amour et de sa Miséricorde« .

« Si Dieu nous a crées sans nous, Il ne nous sauvera pas sans nous » St Augustin.
Une des caractéristiques de la miséricorde divine est de tenir compte de notre liberté humaine. Dieu conseille mais ne nous force jamais.  La miséricorde en appelle à la responsabilité de l’homme. Elle ne cesse d’inciter l’homme à se décider. C’est seulement face à la gratuité de l’amour de Dieu et avec sa grâce que la liberté humaine peut s’exercer : à savoir accepter de refuser la proposition de Dieu.

La miséricorde est un débordement de l’Amour de Dieu qui touche tous les hommes. C’est cette considération de l’unité du genre humain dans la diversité des peuples et des races qui crée le devoir de solidarité entre les nations avec toutes les obligations morales et de charité qui en découlent. Le commandement de la charité à l’égard d’autrui est parallèle à celui de l’Amour de Dieu.

La charité crée l’obligation d’aimer le prochain.

« Il faut se faire le proche de l’autre » Pape François.
L’expérience de la miséricorde divine nous encourage et nous incite à nous investir en ce monde pour devenir de vrais témoins de la miséricorde.

Un témoignage concret est la seule réponse convaincante que nous puissions donner. Ainsi nous pouvons rendre crédible le discours sur la miséricorde divine et en faire un message d’espérance. L’Espérance est une force active qui pousse à l’action.

La miséricorde dépasse la  Justice. Elle est l’attention à l’autre, la sensibilité à la misère concrète, la rencontre de la pauvreté culturelle, psychique ou spirituelle. Jésus n’a pas eu honte de ses disciples. Il s’est fait le frère des hommes. Il a porté leur opprobre jusqu’à la mort sur la croix.

« Si un jour je deviens une Sainte , je serai sûrement celle des Ténèbres, je serai continuellement absente du Paradis pour éclairer la lampe de ceux qui sont dans l’obscurité sur la terre« . Mère TERESA

Micheline Henry

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