Climat : où va la planète ?

Dans l’encyclique « Loué sois tu », le pape François a tiré le signal d’alarme : si tout continue comme maintenant, l’avenir de l’humanité est menacé par plusieurs graves perturbations de l’environnement : eau, terres cultivables, océans, biodiversité, etc. Parmi ces problèmes, celui du climat est le plus grave : ce n’est pas pour rien que tous les chefs d’État de la planète vont se retrouver à Paris, à partir du 29 novembre, pour la conférence COP 21 (ou Paris Climat).

Sans le voir, et souvent sans le savoir, nous envoyons dans l’atmosphère de grandes quantités de gaz appelés gaz à effet de serre. Ils s’accumulent dans l’atmosphère et sont à l’origine d’un réchauffement de la Terre. Actuellement de 1° en moyenne, ce réchauffement est faible mais suffisant pour entraîner déjà des conséquences : canicules, sécheresses (d’où des incendies et des pertes de rendement agricole dans des régions déjà défavorisées), élévation du niveau des océans, etc. Si les émissions continuent sur la trajectoire actuelle, la température montera d’environ 3° en 2100 et les conséquences seront bien plus graves. Pensons simplement au niveau des mers, qui montera de près d’un mètre, et continuera de monter pendant plusieurs siècles, jusqu’à 3 mètres ou plus.

Les émissions de gaz à effet de serre ont des causes multiples, mais la plus importante est l’utilisation, comme source d’énergie, des combustibles fossiles, charbon, pétrole (et ses dérivés : essence, gazole), gaz naturel. Leur utilisation entraîne le dégagement de gaz carbonique (ou dioxyde de carbone, de formule chimique CO2). Ce gaz provient aussi des déforestations et de la fabrication du ciment. D’autres gaz à effet de serre sont émis lors de l’élevage du bétail.

Les scientifiques ont montré que le réchauffement climatique resterait à un niveau acceptable, + 2°, si les émissions étaient diminuées d’ici 2050 d’un facteur 2 en moyenne planétaire, et d’un facteur 4 pour les pays riches, qui sont de beaucoup les plus gros émetteurs. Cet objectif peut être atteint, au prix d’efforts importants. Les éléments de solution tiennent en trois mots :

  • Sobriété : Pour les pays riches, un style de vie moins « dépensier », plus simple. Quelques éléments : se chauffer à 19° au lieu de 21° ; se déplacer plus souvent à pied et à vélo ; diminuer les déplacements en avion ; manger moins de viande ; etc.
  • Efficacité : mieux utiliser l’énergie. Il s’agit par exemple d’isoler les logements pour éviter les pertes de chaleur ; avoir des voitures à très faible consommation, ou électriques ; faire appel au covoiturage ; prendre le train ou le métro plutôt que la voiture.
  • Énergies dé-carbonées : Plutôt que les combustibles fossiles, utiliser des énergies qui ne dégagent pas de gaz à effet de serre : énergies renouvelables, énergies nucléaires.

 Parmi toutes ces solutions, certaines ne coûtent rien, mais d’autres coûtent cher. A Paris Climat, les responsables vont essayer de se mettre d’accord sur les efforts à faire, par qui (les Américains vont-ils accepter de réduire leurs émissions ?), et sur la façon, pour les pays développés, de prendre en charge une partie de l’effort des pays pauvres. Ceux-ci ont besoin d’énergie pour se développer. Ils sont tentés d’utiliser ce qu’il y a de moins cher, surtout le charbon, très polluant. Il faut les aider dans les domaines de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables et de la lutte contre les déforestations.

Paul Mathis (à votre service pour plus d’information ; mathis.paul@orange.fr)

 

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