Le Synode sur la famille : une expression très libre et large, beaucoup d’écoute, une énorme attente

Le synode comporte trois étapes : 15 jours en ce mois durant lesquels les cardinaux s’expriment en totale liberté, une seconde session en octobre 2015, puis la synthèse qui conduira le Pape François à décider.

Le synode comprend 10 groupes linguistiques d’où émergeront des propositions sur  beaucoup de sujets.

Attention un synode est avant tout un conseil consultatif et de travail auprès du Saint-Père. C’est le Pape François qui publiera ses conclusions  probablement sous forme d’une exhortation apostolique.

Les chrétiens d’Europe sont très centrés sur les problèmes rencontrés par les couples divorcés remariés, les couples homosexuels mais ce ne sont qu’une partie des aspects traités.

Entre autres points abordés : les couples polygames devenus chrétiens, l’excision, la prostitution, les jeunes filles violées, les orphelins, le travail des enfants, la violence dans les familles, les enfants soldats, les familles vivant dans des conditions d’extrême pauvreté, l’exode massif des familles du à la violence, la transmission de la foi dans les familles, la préparation au mariage, la contraception, la théorie du genre.

Grâce aux encouragements donnés par le Pape François les échanges sont très libres,  comportant même des prises de position contradictoires,  néanmoins il règne une grande écoute lors des réunions.

Pour la rédaction des propositions qui seront présentées au Saint Père, ce dernier a choisi un ensemble de 6 cardinaux représentant les 5 continents, et le préposé général de la Compagnie de Jésus.

Dans l’enseignement de l’Eglise  miséricorde et vérité vont ensemble : il n’y a pas d’un côté la vérité qui est un dogme et, de l’autre la miséricorde.  Mais il n’est pas facile de trouver des voies concrètes pour les conjuguer.

Tout l’enjeu de ce synode est de réfléchir à la façon dont l’Eglise concilie deux missions, sans jamais les opposer l’une à l’autre. D’une part annoncer et promouvoir la Vérité sur l’amour et la famille, sur le bien de l’enfant et sur les situations particulières,  d’autre part manifester  à chacun, là où il en est, la bienveillance de Dieu, tout en l’appelant à progresser. L’Eglise ne réduit personne à ses actes, ni à sa situation, ni à son histoire.

En cela, elle ne fait que suivre l’exemple de Jésus, qui n’a jamais relativisé le péché mais a aimé les pécheurs.

Depuis son élection le Pape François nous a surpris par sa grande humanité, son charisme et la force avec laquelle il témoigne et agit. Il est impensable qu’il ait voulu un tel synode, laissé une telle liberté d’expression pour maintenir une vision essentiellement dogmatique des problèmes traités. Jusqu’où  l’Esprit Saint et le Saint Père feront-il évoluer l’Eglise  tout en respectant sa très grande diversité ?

Nous ne sommes même pas à mi parcours du synode, il faut se garder de spéculations hâtives.

« Dieu ne sauve pas par un décret, par une loi; il nous sauve par la tendresse, les caresses, il nous sauve par sa vie donnée pour nous ».

Yves Kervaon .

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