Commentaire de l’Evangile du dimanche 1er mars (2ème dimanche de carême)

(RV) L’Evangile selon saint Marc (Marc9, 2-10) de ce dimanche est celui de la Transfiguration  « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Cette manifestation glorieuse de Jésus résonne comme une invitation à vivre le Carême dans toutes ses dimensions. En effet, si le temps du Carême nous conduit au désert, lieu de tentations, il nous conduit aussi sur une haute montagne afin de prendre de la hauteur et de contempler le mystère de notre foi, vu d’en haut. Sur cette haute montagne, nous pouvons reprendre des forces, entendre la voix de Dieu qui nous appelle et choisir à nouveau de nous mettre à sa suite.

Tout d’abord, il est dit que les vêtements de Jésus « devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille » (Mc 9,3). Jésus montre à Pierre, Jacques et Jean que notre monde ici-bas n’est qu’une étape. Il leur fait découvrir, une blancheur, une lumière qui n’existe pas sur terre. Comme il est important de garder nos yeux tournés vers les réalités d’en haut ! Saint Paul dit : « Songez aux choses d’en haut, non à celles de la terre » (Col 3,2). Bien sûr, il nous faut garder les pieds sur terre. Mais nous n’avons vraiment les pieds sur terre que lorsque nos yeux regardent vers le Ciel. Sinon, nous nous laissons submerger par les sollicitations incessantes de ce monde et nous nous enfermons dans une insatisfaction chronique.

Il est encore dit : « Elie leur apparut avec Moïse, et ils s’entretenaient avec Jésus » (Mc 9,4). Jésus montre à Pierre, Jacques et Jean que les promesses faites à Israël sont accomplies en lui. La Loi, avec Moïse, et les Prophètes, avec Elie, reconnaissent Jésus comme le Messie d’Israël. Ce dialogue entre Jésus, Moïse et Elie, nous rappelle l’importance de nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, en particulier durant le temps de Carême. La lecture de la Bible, et en particulier celle de l’Ancien Testament, est parfois ardue et nous pouvons nous y perdre. Et pourtant, il s’agit là d’une nourriture que nous ne pouvons pas négliger. Apprendre à méditer un passage de l’Evangile en invoquant l’Esprit Saint pour que nos cœurs s’ouvrent au message transmis est indispensable dans notre vie chrétienne. Bien sûr, nous ne comprendrons jamais tout. Il nous faut accepter de vivre avec certaines questions non encore résolues. Mais à chaque lecture de la Parole de Dieu, une grâce et une lumière nous sont données. Il nous suffit d’accepter d’être en chemin et de ne pas voir tout encore dans la pleine lumière de Jésus Ressuscité.

Enfin, une nuée les couvre de son ombre et une voix se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Ecoutez-le » (Mc 9,2). Les mêmes paroles venues du Ciel furent prononcées lors du baptême de Jésus et des paroles similaires furent dites par le centurion au moment même où Jésus remit l’Esprit sur la Croix. Le baptême de Jésus, la Transfiguration et la mort sur la Croix sont trois événements où les Cieux se déchirent et où est proclamée la Vérité : « Jésus est Fils de Dieu ». Pierre, Jacques et Jean ont besoin de cette révélation pour pouvoir passer l’épreuve de la Croix. Il en est de même pour nous. Sans grâce particulière de Dieu, nous ne pouvons pas porter nos croix. Cette vérité est essentielle : la Transfiguration a permis aux apôtres de traverser l’épreuve de la Croix jusqu’à ce que l’Esprit de Pentecôte vienne les renouveler. Nous aussi, vivons pleinement la Transfiguration, c’est à dire cette Visitation de Dieu resplendissant de lumière, afin de lui demeurer fidèles au temps de l’épreuve et des doutes.

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